Ephéméride | Groucho Marx [ 2 Octobre]

2 octobre 1890

Naissance à New-York de Julius Henry Marx, plus connu sous le nom de Groucho Marx. Sans doute pas aussi influent mais beaucoup plus drôle que Karl.

Groucho Marx passa près de sept décennies à faire rire les gens avec ses traits d’esprit et son humour caustique. Il caractérisait son comique comme « le type d’humour qui fait rire les gens d’eux-mêmes ».

Alors qu’il aspirait initialement à être médecin, Groucho commença sa carrière comme chanteur. L’une de ses premières tentatives s’avéra toutefois désastreuse. Membre du Trio Le May, Marx resta coincé dans le Colorado pendant un bon moment après qu’un autre membre du groupe se soit enfui avec la recette. Il dut travailler dans une épicerie pour gagner assez d’argent pour retourner à New York.

Le père de Marx, Samuel, n’avait jamais eu beaucoup de succès comme tailleur, et la famille avait connu des difficultés financières. Sa mère Minnie espérait qu’elle pourrait atteindre la prospérité grâce à ses cinq enfants. Elle devint la « mère de scène » par excellence, guidant les essais théâtraux de ses enfants et se produisant même. Finalement, ce furent Groucho et ses frères Leonard, Adolph et Milton qui firent carrière dans le show-biz.

C’est Art Fisher, un collègue acteur de vaudeville, qui donna à Marx son surnom Groucho en raison de sa personnalité. Fisher trouva également des noms amusants pour les frères de Marx, renommant Leonard « Chico », Adolph « Harpo » et Milton « Gummo ». Milton laissa sa place pour s’engager pendant la Première Guerre mondiale et fut remplacé par le plus jeune frère Herbert, connu sous le nom de « Zeppo ». Herbert et Milton devinrent plus tard des agents de théâtre.

Les frères Marx firent leur percée en 1914 alors qu’ils se produisaient au Texas. Lors d’un spectacle, certains spectateurs quittèrent la salle pour aller voir une mule en fuite. À leur retour, les Marx Brothers mirent de côté leur routine habituelle pour se moquer du public. Les quolibets de Groucho conquirent la foule. Le passage à la comédie s’avéra leur billet pour le succès.

Dans les années 1920, les Frères Marx étaient devenus un groupe théâtral extrêmement populaire. Groucho avait déjà développé certaines de ses marques de fabrique à cette époque. Il portait souvent un long manteau, une moustache peinte, des lunettes épaisses et tenait un cigare sur scène. En plus de son goût pour les cigares, Groucho expliquait qu’ils s’avéraient également très utiles sur scène. Il disait que « quand on oublie une réplique, tout ce qu’on a à faire est de se coller le cigare à la bouche et de le pomper jusqu’à ce qu’on se rappelle ce qu’on a oublié. »

Les Frères Marx connurent une série de succès à Broadway, à partir de 1924 avec « I’ll Say She Is », que Groucho contribua à écrire. L’année suivante, ils revinrent sur scène avec « The Cocoanuts », une parodie sur la spéculation foncière en Floride. En 1928 enfin, les frères Marx connurent un grand succès avec « Animal Crackers ».

Très demandé, Groucho jouait à Broadway dans « Animal Crackers » le soir, alors qu’il tournait la version cinématographique de « The Cocoanuts » durant la journée. À peu près à cette époque, il faillit connaître une dépression mentale complète. Son emploi du temps chargé et ses énormes pertes financières lors du krach boursier de 1929 eurent des conséquences sur son équilibre nerveux et il passa le reste de sa vie à lutter contre l’insomnie.

En collaboration avec le producteur Irving Thalberg, les Marx Brothers créérent l’un de leurs films les plus populaires: « Une nuit à l’opéra » (1935). À la fin des années 30, les Marx Brothers continuèrent à tourner des films, mais aucun n’égala leurs succès antérieurs. Leur dernier film qu’ils firent ensemble fut « Love Happy » en 1949.

Avant même que les Frères Marx ne se séparent, Groucho avait commencé à explorer d’autres possibilités de carrière. Il écrivit son livre humoristique « Beds » en 1930, et le fit suivre en 1942 avec « Many Happy Returns », une attaque comique contre les impôts. À la radio, Groucho travailla sur plusieurs programmes avant de faire un triomphe en 1947 avec « You Bet Your Life ». Il y animait un jeu télévisé décalé, qui était plus axé sur sa vivacité d’esprit que sur les gains des concurrents.

« You Bet Your Life » passa de la radio à la télévision en 1950, et Groucho divertit les États-Unis avec ses facéties pendant 11 ans, obtenant un Emmy Robin Das en 1951. Après la fin de ce programme en 1961, il apparut dans « Tell It to Groucho », un jeu télévisé de courte durée l’année suivante.
A partir de là, Groucho quitta largement les feux de la rampe, ne faisant que des apparitions sporadiques à la télévision et au cinéma.

Plus tard, au lieu de se produire sur scène ou à l’écran, Groucho écrivit une suite à son autobiographie de 1959, « Groucho and Me ». Cette fois-ci, il se concentra sur l’amour et le sexe dans « Memoirs of a Mangy Lover » de 1963. Le comédien, qui avait été marié trois fois avait beaucoup à dire sur ces sujets. Il avait été marié à sa première femme Ruth de 1920 à 1942. Le couple avait eu deux enfants ensemble, Miriam et Arthur. Il eut son troisième enfant, Melinda, avec sa deuxième femme, Catherine Gorcey. Son troisième mariage avec Eden Hartford dura de 1953 à 1969.

Correspondant prolifique avec ses amis et ses associés, Grouch Marx fit publier ses écrits personnels en 1967 sous le titre « The Groucho Letters ». En 1972, il revint sur scène pour un one-man show au Carnegie Hall de New York. Les foules vinrent voir l’artiste, alors âgé de 80 ans. Il avait du mal à entendre et sa voix était beaucoup plus faible que dans sa jeunesse. Pourtant, il réussit encore à séduire et à divertir le public. Deux ans plus tard, il reçut un Oscar spécial pour ses performances sur scène et à l’écran.

En 1977, Groucho était en déclin physique et mental. Il se débattait avec des problèmes de santé et sa famille se battait contre sa compagne Erin Fleming pour contrôler ses affaires. Après avoir passé près de deux mois dans un hôpital de Los Angeles, Groucho Marx décéda d’une pneumonie le 19 août 1977. « Il avait transformé l’insulte en une forme d’art », déclara le New York Times. « Et il utilisa l’injure, livrée avec une joie maniaque, pour secouer les égos des pompeux et plonger son public dans un rire impuissant. »