Ephéméride | Henrietta Szold [21 Décembre]

Portrait de Henrietta Szold

21 décembre 1860. Naissance à Baltimore d’Henrietta Szold, fondatrice de Hadassah, l’organisation des femmes sionistes d’Amérique, co-organisatrice de l’Aliyah des jeunes qui sauva 30000 enfants juifs des griffes nazies, pionnière de l’établissement de services médico-sociaux modernes en Palestine.

Henrietta Szold fut une femme de nombreux contraires. Très attachée à la famille elle passa sa vie dans l’arène publique. Munie seulement d’un diplôme d’études secondaires, elle édita et publia certains des monuments de l’érudition juive moderne et contribua par la suite à façonner le système éducatif en Palestine. Profondément américaine, elle se consacra au sionisme et vécut le dernier quart de siècle de sa vie en Palestine. Son travail pour sauver les enfants du génocide et les réadapter lui valut le surnom de « mère du Yishouv ».

Éducatrice, essayiste, rédactrice en chef, travailleuse sociale et communautaire, organisatrice sioniste et personnalité politique, d’abord aux États-Unis, puis en Palestine, Henrietta Szold naquit à Baltimore (Maryland) en 1860, au début de la guerre civile américaine, et mourut à Jérusalem dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale. Sa vie fut affectée par certains des événements les plus importants de l’histoire américaine, juive et mondiale moderne. Sa capacité prodigieuse de travail et son sens du devoir inébranlable, son intellect puissant et sa capacité à relever de nouveaux défis, l’étendue de ses activités et sa contribution singulière à la culture juive américaine, au sionisme et au Yishouv, la distinguent comme un être humain extraordinaire.

Henrietta était l’aînée des enfants du rabbin Benjamin Szold, d’esprit libéral, et de son épouse Sophie, arrivés d’Europe centrale aux États-Unis un an avant sa naissance. Bien que partisan de Lincoln dans une ville où les sympathies allaient au Sud, Benjamin Szold était un traditionaliste sur les questions juives et un érudit versé tant dans les études sacrées que séculières. Son aînée fut son héritière spirituelle et intellectuelle. Son parcours à la Western Female High School fut inégalé, mais c’est à la maison qu’elle apprit l’allemand et l’hébreu, et qu’elle étudia les textes sacrés juifs. Pendant son adolescence, elle assista son père comme secrétaire, traductrice et rédactrice.

Enseignante née, Szold fut embauchée dès la sortie du lycée pour enseigner le français, l’allemand et l’algèbre à English and French School for Girls de Mlle Adams, et le judaïsme à l’école de la congrégation de son père, Oheb Shalom. Lorsque, dans les années 1880, des vagues d’immigration juive d’Europe orientale amenèrent à Baltimore un grand nombre de Juifs russes et polonais, elle aida les immigrants à mettre en place une école du soir pour apprendre l’anglais et l’éducation civique. Pour elle, l’américanisation n’était pas « contraire… au mode de vie et de pensée juif », mais plutôt un processus d’émancipation des démunis. En 1894, plus de neuf cent immigrants, juifs et non juifs, étaient inscrits à son école du soir. Quelques années plus tard, alors qu’elle était étudiante au Jewish Theological Seminary de New York – lors de son inscription, elle avait dû signer un engagement de ne pas postuler au rabbinat, qui était alors une exclusivité masculine – Szold assuma une tâche pédagogique plus inhabituelle: enseigner l’anglais à ses instructeurs, dont la plupart étaient des immigrants récents venus d’Europe. De 1918 à 1920, elle a joué un rôle national en dirigeant le Département de l’éducation de l’Organisation sioniste d’Amérique.

À peu près au même moment où elle commença à enseigner, Szold se lança dans une carrière d’essayiste et de rédactrice. Sous le nom de plume « Shulamith » ou sous son propre nom, elle écrivit dans un style de plus en plus fluide pour le « Jewish Messenger » de New York et d’autres journaux sur diverses questions intéressant la communauté juive américaine. En 1888, elle fut invitée à faire partie des neuf membres – et seule femme – du comité des publications de la nouvelle Jewish Publication Society (JPS), qui se positionnera rapidement comme l’une des principales institutions culturelles de la communauté juive américaine.
Deux ans plus tard, elle collabora avec le jeune Cyrus Adler, chercheur en études sémitiques qui deviendra directeur du Jewish Theological Seminary, du Comité juif américain et du Dropsie College, à la rédaction d’une partie sur les États-Unis dans la première publication de JPS, « Outlines of Jewish History » de Ladie Katy Magnus. C’était « le tout premier manuel de ce genre couvrant l’histoire juive américaine », et il exposait clairement la vision radieuse des jeunes auteurs sur leur pays natal. « Aucun endroit du pays ne peut être associé à des souvenirs amèrs ou douloureux », écrivaient-ils, « un motif de fierté dont l’Amérique seule… peut se targuer. »
Szold contribua également à éditer chez JPS la classique « Histoire des Juifs » de Heinrich Graetz, l’historien juif allemand.

En 1893, elle devint la première secrétaire (directrice) à temps plein du comité des publications, jusqu’en 1916. Son administration pionnière, assidue et méticuleuse inaugura une nouvelle ère dans l’histoire de JPS. Szold, cependant, reçut moins que sa part de reconnaissance, en partie à cause de sa timidité et de sa politesse, mais peut-être aussi à cause de son sexe. Parmi les œuvres qu’elle traduisit figuraient « l’Histoire juive » de Simon Doubnov: « Essai de philosophie de l’histoire » (1903) et « La renaissance de la littérature hébraïque » de Nahum Slouschz (1905).
De 1898 à 1909, elle joua un rôle déterminant dans la publication de l’ « American Jewish Year Book », qui devint rapidement le document indispensable sur les organisations et les affaires juives américaines.
Elle traduisit, édita et répertoria une grande partie des monumentales « Legends of the Jews » rassemblées par Louis Ginzberg, chercheur du « Jewish Theological Seminar », ainsi que de ses autres travaux. A sa demande, le comité des publications commença à étudier sérieusement la littérature yiddish.
Au cours de son mandat, la « Schiff Library of Jewish Classics » fut lancée et le projet JPS de traduction de la Bible, qui aboutit à la publication de la « Version juive standard révisée », fut lancé et achevé.

Szold fut attirée par le nationalisme juif naissant. Elle devint membre fondateur du « Baltimore Hevras Zion » en 1893 avec son ami Harry Friedenwald, l’un des premiers présidents de la Fédération des sionistes américains (FAZ).
En fait, le sionisme devint sa troisième « carrière » américaine. Dans un discours prononcé un mois avant la publication de « Der Judenstaat » de Theodor Herzl en 1896, Szold exposa sa philosophie du sionisme, qui comprenait non seulement le rassemblement des Juifs exilés sur leur territoire ancestral. mais aussi la renaissance de la culture juive.
Deux ans plus tard, elle devint membre du comité exécutif de la Fédération sioniste américaine (FAZ), la seule femme du groupe; plus tard, elle accepta de faire fonction de secrétaire – un poste souvent réservé aux femmes dans les organisations à dominance masculine – et entreprit d’essayer de mettre de l’ordre dans les affaires chaotiques de la fédération. Pendant la Première Guerre mondiale, elle fut secrétaire du comité exécutif provisoire pour les affaires générales sionistes dirigé par Louis D. Brandeis, qui assuma la direction du mouvement mondial déchiré par la guerre. Là aussi, elle était la seule femme du groupe.

En 1909, en compagnie de sa mère, elle se rendit pour la première fois en Palestine et visita les colonies de peuplement sionistes ainsi que les lieux saints. Au cours de ce voyage, alors qu’elle avait déjà quarante-neuf ans, Szold trouvé la vocation de sa vie: la santé, l’éducation et le bien-être du Yishouv. L’année suivante, elle devint secrétaire du conseil d’administration de la nouvelle station d’expérimentation agricole établie en Palestine par Aaron Aaronsohn. C’était sa première connexion officielle avec le travail de reconstruction dans la patrie juive.

Ce fut la création de Hadassah, l’organisation sioniste féminine, qui exerça l’influence la plus importante et la plus durable parmi ses activités américaines. En 1896, Szold avait soutenu que « l’exigence majeure était le travail non genré ». Cependant, plus tard, elle accepta avec empressement certaines tâches particulièrement appropriées pour les femmes et des groupes exclusivement féminins comme cadres adaptés pour la réalisation de ces tâches.

En 1907, à l’invitation du rabbin Judah Magnes, qui allait devenir un ami proche et un collègue de travail, Szold rejoignit un petit rassemblement de femmes appelé le Hadassah Study Circle, un parmi plusieurs groupes de ce type à New York où elle habitait alors. En 1912, elle et quelques amis formèrent le chapitre des Filles de Sion-Hadassah, qui avait enrôlé 122 membres à l’automne de cette année-là. Certains des membres de la FAZ s’attendaient à ce que la nouvelle association serve d’auxiliaire féminin de leur propre groupe.
Le projet de Szold était de créer une organisation de services sociaux indépendante inspirée des institutions pour les femmes qui s’était récemment développées aux États-Unis. Elle voulait faire émerger un groupe guidé par les principes du progressisme américain.
La nouvelle organisation devait être totalement différente des groupes sionistes à prééminence masculine, telles que les FAZ. Ceux-ci étaient imprégnés de l’état d’esprit très différent de l’Europe de l’Est; ils étaient romantiques et amateurs, non scientifiques et professionnels.
Sous sa direction, Hadassah devint le groupe sioniste le plus important et le plus puissant des États-Unis. Et, malgré la position résolument non partisane de sa fondatrice, l’organisation devint une force politique majeure dans les mouvements sionistes américain et mondial.

Le premier grand projet mis sur pied par Hadassah fut la mise en place à Jérusalem en 1913, d’un système d’infirmières à domicile à l’américaine. Cinq ans plus tard, Hadassah organisa et contribua au financement de l’Unité médicale sioniste américaine, qui amena en Palestine du personnel médical américain et un hôpital de campagne. L’Unité entama la réforme des soins médicaux en Terre sainte avec la création d’une école d’infirmières, de cliniques de soins dentaires, médicaux et de radiologie, d’hôpitaux, d’un service d’hygiène, de centres de protection de l’enfance et d’une expédition sanitaire médicale.
À partir des années 1920, Hadassah soutint le développement des services médicaux et d’éducation dans le Yishouv. Ses institutions médicales témoignaient de l’efficacité américaine et mettaient en valeur la technologie américaine, en apportant à la Palestine, puis à Israël, un standard de médecine égal à celui des riches pays occidentaux.
Dans les années 1930, à l’initiative de Szold, Hadassah prit en charge le soutien des programmes d’aliya de la jeunesse destinés aux enfants réfugiés et à problèmes en Palestine.

En 1920, Szold elle-même arriva en Palestine pour prendre en charge l’unité médicale. En tant que femme et américaine, elle était doublement étrangère au Yishuv, qui était dominé par les Européens de l’Est. Elle y resta trois années tumultueuses mais productives et novatrices, bien que son insistance sur les normes et habitudes de travail américaines
fût fermement combattue et que les milieux ouvriers s’indignaient de ce qu’ils percevaient comme un impérialisme médical. Peu à peu, cependant, les collègues et le public furent conquis.

En 1927, Szold fut nommée par le Congrès sioniste mondial au sein de son exécutif palestinien de trois membres et chargée des portefeuilles de la santé et de l’éducation. L’exécutif était chargé d’équilibrer le budget du Yishuv, une tâche ingrate qui créait des frictions constantes avec les dirigeants autochtones du Yishouv. Szold fut spécialement visée par les attaques car on estimait au Yishouv que ses amis américains ne respectaient pas leurs engagements financiers envers le sionisme. Elle en était d’accord mais estimait que l’existence du Yishouv serait mise en danger si ses affaires financières n’étaient pas mises en ordre. Elle considérait le cas des écoles, qui n’avait pas d’argent pour acheter des fournitures ou payer le salaire des enseignants, comme un exemple typique.

Pour superviser le système éducatif, Szold fit venir en Palestine Isaac B. Berkson, un éducateur juif américain qui était un disciple de W.H. Kilpatrick et John Dewey. Berkson resta sur place comme directeur du Département de l’éducation de l’exécutif. Il entreprit d’abord avec Szold d’équilibrer le budget de l’éducation et faire en sorte que les enseignants soient payés à temps, puis entreprit d’apporter des éléments de la réforme de l’éducation américaine dans les écoles de Yishouv.
Lorsqu’elle fut écartée de ses fonctions, lors de la réorganisation de l’exécutif du Congrès juif mondial en 1930, elle avait réussi, déclara Berkson, à mettre les écoles « sur la voie d’une administration et d’un financement ordonnés et efficaces ».
L’éditrice d’ouvrages pédagogiques et conseillère municipale de Tel-Aviv, Shoshanah Persitz, affirma que Szold avait réussie, à elle seule, à conquérir une légitimité pour l’éducation dans une communauté qui considérait alors le travail manuel comme la seule occupation noble.
En moins de trois ans, elle avait eu un impact majeur sur le système éducatif du Yishouv et, malgré les contraintes de rigueur économique qu’elle avait contribué à imposer et la désapprobation initiale avec laquelle elle et le HMO avaient été considérés, elle avait acquis le respect d’un large public. Les travaillistes finirent par apprécier ses sympathies progressistes américaines pour l’opprimé, son soutien à l’idéal syndical et sa méfiance envers la richesse comme la marque d’une alliée.

Le travail social fut le troisième domaine de la vie du Yishouv auquel Szold apporta une contribution significative et durable. Alors qu’elle était encore en Amérique, elle avait perçu le besoin d’améliorer le sort des femmes de Palestine. Elle proposa que des travailleuses sociales américaines dans les colonies enseignent aux femmes pionnières les « travaux ménagers modernes et autres activités domestiques » et, en même temps, « éveillent un noble mécontentement » afin de susciter des revendications pour « de meilleures conditions sanitaires et de meilleures conditions de vie ». Une fois sur place, elle réalisa que les hommes du Yishouv menaient aussi une vie difficile et commença à chercher des moyens d’alléger le fardeau de tous.

Au cours de sa première année dans le pays, elle aida à organiser la Fédération des femmes juives pour qu’elle engage des activités de travail social. Comme membre du comité exécutif sioniste, elle essaya d’introduire au Yishouv les concepts américains du travail social scientifique et du traitement des dossiers en collaborant avec des organismes caritatifs locaux. Ses contributions les plus importantes dans ce domaine eurent lieu entre 1931 et 1939, alors qu’elle occupait le portefeuille de la protection sociale de la « Knesset Yisrael », l’organe législatif semi-autonome du Yishouv, qui l’avait rappelée en Palestine en 1931.

En 1930 déjà, elle avait publié le rapport « L’avenir du travail des femmes pour la Palestine », qui définissait un plan en vue de systématiser le travail social dans l’ensemble du Yishouv. Elle cherchait à remplacer, selon ses termes, « l’ancien système de dames patronesses, basé sur l’hystérie et non sur la justice envers les défavorisés ».
Avec l’aide de riches amis américains, elle réussit, en 1934, à établir des agences de services sociaux modernes à Jérusalem, Tel. Aviv, Haïfa et Petah Tikva, ainsi que le département des services sociaux de la Knesset Yisrael. L’année suivante, elle ouvrit la première école de travail social du pays, qui devint plus tard l’École de travail social de l’Université hébraïque.

Sa perspicacité face à la menace hitlérienne – elle s’était rendue en Allemagne nazie pour son aliyah des jeunes et avait rencontré des Juifs et des non-juifs, notamment des dissidents tels que l’artiste Käthe Kollwitz – l’avait convaincue que le Yishouv allait être confronté à une vague d’immigration sans précédent dans les années 1930.
Se remémorant son expérience avec les immigrants européens de l’Est à Baltimore, Szold s’efforça de convaincre la direction du Yishouv que les immigrants avaient besoin d’un « soutien émotionnel et intellectuel particulier ». Bien qu’elle se soit heurtée à une opposition au travail d’aide aux immigrants en général, elle rencontra un meilleur accueil à l’idée d’aider les enfants.

Ce n’est pas elle qui eut la première l’idée de l’Aliyah des jeunes comme un moyen de porter secours aux jeunes dans l’Europe nazie. Mais c’est elle qui comprit les complications administratives et sut comment les surmonter, ainsi que les problèmes sociaux et affectifs qu’auraient les enfants et la façon de les résoudre.
Grâce à son poste de « membre du gouvernement » dans l’administration du Yishuv, elle put s’assurer que les enfants seraient correctement pris en charge et elle entretenait des liens avec Hadassah, qui fournissait l’essentiel des fonds.
En outre, Szold s’occupait véritablement des enfants. Son travail avec l’Aliyah de la jeunesse rendit son nom familier dans son pays d’origine.

Lorsque les nuages ​​de la guerre s’accumulèrent en 1939, de nombreux Américains en Palestine rentrèrent chez eux.
Szold aurait bien pu suivre. Elle était très attachée à ses soeurs. Membre à vie de la International Longfellow Society depuis 1916, elle était restée dans une large mesure américaine dans sa sensibilité et sa culture. (Lors de son dernier seder de Pessakh en 1944, elle chanta des spirituals afro-américains.) Elle n’était arrivée en Palestine qu’à soixante ans, après tout! De plus, elle était pacifiste et préoccupée par la radicalisation croissante du Yishouv dans ses relations avec la Grande-Bretagne et les Arabes.
Elle participait à la fois au Brith Shalom et au Ihud, des associations d’intellectuels d’origine américaine, britannique ou central-europénne tels que Yehuda Magnes et Martin Buber, qui défendait la conception d’une Palestine, état binational arabo-juif.
Mais Szold ne retourna pas aux États-Unis. Elle pensait qu’il était « juste et approprié » de « rester avec la communauté » où elle vivait depuis deux décennies.

Son objectif initial pour le Yishouv avait été de le reformer dans le sens de la vision des progressistes américains. Au fil du temps, cependant, elle s’éloigna de ses anciens associés et amis en Amérique, mais pas de sa famille. Ses valeurs devinrent moins américaines. Elle ne rejeta jamais sa patrie d’origine et y pensa toujours en termes positifs, bien que non dénué de critiques.
D’apôtre de l’américanisme en Palestine, elle était devenue l’interprète du Yishouv en Amérique. Elle croyait fermement qu’un jour « une Palestine, intellectuellement resplendissante », rembourserait « la diaspora de tout son investissement… en termes de soutien spirituel, de stimulation et de force ».
En 1936, elle avait déclaré à ses anciens collègues de l’Organisation sioniste d’Amérique: « Au plan philosophique, il n’y a que le sionisme… pour nous sauver. »

Henrietta Szold mourut à Jérusalem, le 13 février 1945, à l’hôpital Hadassah, l’hôpital qu’elle avait elle-même aidé à construire, et dont elle avait posé la première pierre à Jérusalem sur le Mont Scopus. Elle fut enterrée dans le cimetière du Mont des Oliviers.

Lorsque sa mère était morte en 1916 et qu’un ami de la famille se proposa pour réciter le Kaddish, conformément à la tradition orthodoxe qui voulait que la prière soit récitée par un homme, elle lui avait répondu:
« Je sais bien, et j’apprécie ce que vous dites concernant la coutume juive; et la coutume juive m’est très chère et sacrée. Et pourtant, je ne peux pas vous demander de dire le Kaddish pour ma mère. Le Kaddish signifie pour moi que la descendance, publiquement et de façon marquée, manifeste son souhait et son intention d’assumer la même relation avec la communauté juive que celle qu’avaient ses parents et que la chaine de traditions reste ininterrompue de génération en génération, chacune ajoutant son propre lien. Vous pouvez faire cela pour les générations de votre famille. Je dois le faire pour les générations de ma famille. »
Cette réponse est citée dans un responsum rabbinique adopté unanimement par le Comité des lois de l’assemblée rabbinique d’Israël, qui permet aux femmes de réciter le Kaddish d’enterrement en public en présence d’un minyan.

De 1948 à 1967, le Mont des Oliviers fut séparé du reste de Jérusalem par les accords d’armistice israélo-arabes de 1949. Après qu’Israël eut repris le contrôle de ce secteur pendant la guerre des Six jours, Kalman Mann, alors directeur général du centre médical Hadassah se rendit avec un groupe de rabbins au cimetière pour évaluer l’état de la tombe de Szold. Ils constatèrent qu’une route avait été construite dessus par les Jordaniens et que de nombreuses tombes avaient été vandalisées. Ils réussirent néanmoins à identifier l’endroit où reposait Szold. La tombe a été depuis reconstruite et une nouvelle pierre tombale déposée lors d’une cérémonie officielle

(Source: Michael Brown in Jewish Women’s Archive)