Ephéméride | Judith Leiber [11 janvier]

Judith Leiber

11 janvier 1921.
Naissance à Budapest de Judith Leiber, la « Fabergé » du sac à main.

Judith Leiber, née Peto, naquit à Budapest, en Hongrie, le 11 janvier 1921. Ses parents aisés, Emil et Helen Peto, avaient initialement prévu qu’elle fasse fortune dans les crèmes de beauté. Au lieu de cela, elle s’inscrivit dans la guilde hongroise du sac à main, la première femme dans ce cas.

Judith, sa sœur aînée Eva et sa mère survécurent à l’occupation nazie de Budapest en demeurant dans un immeuble réservé aux citoyens suisses. Son père, un austro-hongrois qui dirigeait le département des céréales d’une banque, avait réussi à se procurer un laissez-passer suisse et avait falsifié le document en ajoutant les mots «et famille» à l’aide de la même machine à écrire que celle utilisée pour émettre le laissez-passer.

Au cours de la guerre, Judith rencontre Gerson (Gus) Leiber, un natif de Brooklyn, sergent des transmissions dans l’armée des États-Unis servant en Europe de l’Est. Ils se marient en 1946 et s’installent à New York en 1947. Gerson Leiber est un peintre expressionniste abstrait, membre de la National Academy of Design. Ses toiles sont exposées au Philadelphia Museum of Art, au Smithsonian Museum à Washington, DC, au Musée d’Israël à Jérusalem et dans d’autres institutions.

C’est Gerson qui encourage Judith à se mettre à son compte en 1963 après avoir travaillé pour différents fabricants de sacs à main. Son entreprise, située dans le centre-ville de Manhattan, débute avec une poignée d’employés et grandit jusqu’à 200 personnes.

Bien qu’elle ait créé de nombreux styles de sacs à main dans des matières allant du cachemire à la peau de poisson, Leiber est probablement surtout connue pour ses minaudières en cristal. Ces réticules de soirée sont faits d’une coquille de métal incrustée de perles et se présentent sous forme de bébés cochons, de tranches de melon d’eau, de manchots et de serpents. Presque toutes les premières dames depuis Mamie Eisenhower ont possédé au moins un original de Judith Leiber. Jacqueline Kennedy emmena le sien au bal inaugural, tandis que Hillary Clinton porte son portefeuille « Socks the Cat » (légendaire chat des Clinton) lorsqu’elle est habillée en robe du soir.

Ce sont surtout les premières dames et les très riches qui peuvent se permettre de posséder un sac à main Leiber, dont le prix peut atteindre 7500 dollars. Collectionner ces sacs est devenu synonyme de goût pour la mode et de richesse. La diva Beverly Sills, présidente du Lincoln Center pour les arts de la scène, possèdait soixante-dix de ces sacs. La mondaine new-yorkaise, Pat Buckley dix-huit. Cependant, ces chiffres palissent en comparaison de la championne toutes catégories des collectionneuses de sacs Leiber, Bernice Norman, une mécène de la Nouvelle-Orléans, qui ne possédait pas moins de trois cents sacs.

Time Products, London acheta la société Leiber en mars 1993 pour 18 millions de dollars. Judith Leiber elle-même prit sa retraite en 1998, mais la société continua à sortir des nouvelles créations inspirées par les créations originales de Leiber. En 2000, Time Products vendit Judith Leiber Inc. au groupe Pegasus Apparel, qui a ensuite changé le nom de la société en The Leiber Group l’année suivante.

Ses créations sont des objets de joaillerie font de Leiber le «Fabergé d’aujourd’hui». Les sacs Judith Leiber sont exposés dans les collections permanentes des grands musées américains, notamment le Metropolitan Museum of Art (New York), la Smithsonian Institution (Washington, DC), la Société historique de Chicago, le Houston Museum of Fine Arts, le Dallas Museum of Art et le Los Angeles County Museum of Art, ainsi que dans le Victoria and Albert Museum (Londres).

Leiber est décédée le 28 avril 2018 à l’âge de 97 ans, quelques heures après son mari.

(Source: Nancy Rosen, « Jewish Women’s Archive »)