Ephéméride | Isaac Nathan [15 janvier]

Isaac Nathan

15 janvier 1864.
Décès à Sydney (Australie) d’Isaac Nathan, premier compositeur australien.

Isaac Nathan (1790-1864), musicien, naquit à Canterbury, en Angleterre. Il était le fils aîné du hazan Menahem Mona, un professeur de langue réfugié de Pologne, qui se croyait le fils de Stanislas II, dernier roi de Pologne.
Isaac était si précoce musicalement, qu’en 1809, son père le mit en apprentissage chez célèbre professeur londonien Domenico Corri, pour y apprendre le chant et la composition.

En 1812, il s’enfuit avec une élève, Rosetta Worthington, romancière mineure et fille unique d’un officier de l’armée irlandaise.
En 1814, il persuada Lord Byron d’écrire une série de poèmes sur des sujets hébreux, à partir d’adaptations faites par lui-même d’anciens chants juifs. « Les Mélodies hébraïques » rencontrèrent un vif succès, mais la fuite de Byron d’Angleterre en 1816 et la mort de la princesse Charlotte, une élève de Nathan, à qui il avait dédié les « Mélodies hébraïques », le privèrent de toute protection aristocratique.

Au milieu des difficultés financières qui s’en suivirent, il composa des opérettes telles que « Sweethearts and Wives ». En 1823, il publia à Londres « An Essay on the History and Theory of Music and on the Qualities, Capabilities and Management of the Human Voice », appelé par la suite « Musurgia Vocalis », qui acquit une réputation européenne.

En 1824, sa femme mourut, laissant deux fils et quatre filles. En 1826, il épousa Henrietta Buckley. Sous la pression de devoir soutenir sa grande famille, Nathan agit apparemment comme agent secret du roi George IV, dont il était le bibliothécaire musical.
En 1837, Guillaume IV lui confia une mystérieuse mission dont la nature reste inconnue. Mais le premier Premier ministre de la reine Victoria, Lord Melbourne, dont l’épouse était Lady Caroline Lamb, une des premières protectrices de Nathan, refusa de lui payer la somme de 2 000 £ qu’il réclamait. Il était ruiné et toute la famille partit pour l’Australie.

Nathan arriva à Sydney en avril 1841 et ouvrit immédiatement une académie de chant. Il devint chef de chœur de la cathédrale Sainte-Marie et organisa le plus grand concert de musique sacrée jamais entendu dans la colonie. Il composa une ode solennelle, « Australia the Wide and Free » pour le dîner inaugural du premier conseil municipal de Sydney (1842) et deux odes chorales, « Long Live Victoria » et « Hail, Star of the South », pour des festivités suivantes.

Désormais, il était le compositeur de la colonie, célébrant le cinquante-huitième anniversaire de la fondation de Sydney avec « Currency Lasses » (1846), pleurant le décès présumé de l’explorateur Ludwig Leichhardt avec « Leichhardt’s Grave » et se réjouissant de son retour avec « The Greeting Home Again ». Il composa une adaptation de la prière au Seigneur pour l’évêque William Grant Broughton et envoya sa dernière composition « A Song to Freedom » (1863) en cadeau à la reine.

En mai 1847, le romantique « Don Juan d’Autriche », le premier opéra entièrement composé et produit en Australie, fut joué au Victoria Theatre, un de ses rares manuscrits à avoir survécu.
En 1849, il publia simultanément à Londres et à Sydney son étrange recueil « The Southern Euphrosyne ». Ses parties les plus intéressantes sont consacrées aux Aborigènes et à leur musique, dont la transcription par Nathan constituent des essais pionniers. La plus connue est « Koorinda Braia » (1842). Malheureusement, dans sa série subséquente de mélodies australiennes, il traita les chants indigènes comme des ballades victoriennes.

Nathan fit construire Byron Lodge, une grande propriété à Randwick.

Le 15 janvier 1864, se tua en descendait en marche d’un tramway à chevaux.

Sa seconde épouse, dont trois enfants étaient nés en Australie, décéda en 1898. Son fils aîné, Charles, fut chirurgien principal de l’hôpital de Sydney et un pionnier de l’anesthésie.

L’influence d’Isaac Nathan sur l’histoire de la musique australienne est difficile à évaluer. Sa propre musique avait peu de valeur, mais il contribua probablement au ton pseudo-byronique et romantique dominant de la vie artistique de Sydney.
Il fut certainement le premier musicien ayant une réputation européenne à s’installer en Australie et le premier à entreprendre une étude sérieuse de la musique aborigène.

(Source: Catherine Mackerras, Australian Dictionary of Biography)