LEÇONS DE YIDDISH N° 1 – Les bases de la construction d’un dialogue d’une phrase

Gut morgen tayere tsuherer,

Bienvenue à notre émission qui vous permettra de vous familiariser avec la langue yiddish et d’apprendre ou revoir quelques bases. Puisqu’il s’agit d’une émission orale nous n’étudierons pas l’alphabet, même si nous l’évoquerons de temps en temps. En effet,  le yiddish utilise l’alphabet hébraïque, avec quelques différences.

Disons le tout de suite, il existe plusieurs accents, mais aucun n’a plus de valeur que l’autre. Les personnes ayant entendu un certain yiddish à la maison, comme  le yiddish polonais voudront toujours corriger la prononciation de ceux qui ont un autre accent, notamment celui qui est enseigné dans les cours institutionnels. La raison est que ce yiddish, nommé klal shprakh, et  basé sur le yiddish lituanien, a été harmonisé pour aboutir à une grammaire normalisée. L’avantage de cette prononciation est qu’elle correspond  à l’écriture.

Nous verrons quels sons sont différents et écouterons divers accents pour élargir la palette des nuances.

Nous apprendrons les mots et expressions de la vie quotidienne afin que vous puissiez les mémoriser facilement et les utiliser, si vous avez des locuteurs yiddishisants autour de vous .Et sinon, vous trouverez toujours un interlocuteur dans le monde entier, ou un cercle de discussion pour les mettre en pratique.

Nous commencerons par la construction de la  phrase simple. Par chance, grammaticalement, elle se rapproche du français à partir d’un sujet, verbe complément.

Commençons par  construire une phrase simple en utilisant les  trois éléments. Tout d’abord les pronoms personnels. Le je et le tu. Je se dit : Ikh et tu : Du. Le vouvoiement existe en yiddish mais comme pour l’instant nous sommes entre amis, nous nous contenterons du tutoiement.

Passons à présent aux verbes. Ils se conjuguent et changent également de forme selon les personnes. Le premier verbe que nous allons voir est le verbe avoir. Retenons la forme infinitive qui se prononce hobn.

Reprenons donc la première personne :

Je , qui signifie : Ikh , et rajoutons le verbe avoir conjugué, qui se prononce hob à la  première personne, ce qui donne : Ikh hob. J’ai.

Passons  à présent à l’article indéfini .Si en français on dit un ou une suivant le genre, en yiddish, on utilise un seul article : ‘’a ‘’. Exemple :   un enfant : a kind ,une rue :  a gas , etc.

Le meilleur exemple de l’article indéfini est donné dans cette petite histoire.

Un jour, Yankl rencontre Yosef  dans la rue et lui dit :

– Gut/guit morgn  Yankl, bonjour Yankl,

A guit yor, bonjour, Moyshé que fais-tu dans la vie ? Yankl lui répond moi je svi a, a shnayder, un tailleur et tva ? Moi j’écris a diktioner .J’en svi à la lettre « A ». Shoyn ! Zay gezunt, au revoir.

Deux ans plus tard, ils se rencontrent à  nouveau et se saluent. Gut morgn/guit morgn, Yankl.

-A gut yor, Moyshé .Nu ?. Du nouveau. ? Neyn, non. Ma je svi toujours a tailleur : un shnayder et tva ? .Moi je travaille à mon diktioner.

-A quel lettre ton è. ?

– A la lettre « A »..

-Mais il y a deux ans tu étais à la lettre « A ».

Yo, mais il y a Bokou de mots avec la lettre « A ».. a maison, a voture, a rue.

Ce dialogue, sera l’occasion de mémoriser quelques  mots et expressions :

-Yo : oui

-Neyn : non

-Gut morgn  : bonjour, A gut yor : bonjour en retour

Nu : une interjection très utilisée qui marque à la fois l’impatience et le désir d’en connaitre  plus, qui signifie. Et alors. ?

Shnayder : une profession bien connue de nos parents : tailleur .Si vous n’êtes pas  tailleur, vous pouvez le remplacer par votre profession.

Continuons à construire la phrase : Ikh hob a.

Il ne reste plus qu’à rajouter ce qu’on a. On peut posséder des objets , comme un livre qui se dit bukh. Ikh hob a bukh, j’ai un livre. A heft, un cahier : Ikh hob a heft. J’ai un cahier, Ikh hob a blayfeder : j’ai un crayon.

Quelques mots de vocabulaires supplémentaires  dans le registre familial :

A bruder : un frère . Ikh hob a bruder, a shvester une sœur : Ikh hob a shvester.

Mais ,on n’est pas obligé de  ne détenir qu’une seule chose. On peut posséder à la fois  un livre et un cahier , avoir un frère et une sœur .on rajoutera la particule et qui se prononce un. On dira donc. Ikh hob a bukh un a heft. Ikh hob a bruder un a shvester

On peut également ne pas avoir de livre, mais un cahier. Dans ce cas , mais se dit ober.

Passons maintenant à la deuxième personne,  nécessaire si on veut entamer un dialogue. Tu se dis donc Du , et le verbe avoir  à la deuxième personne host ; ce qui donne, Du host. Comment dira t- on ? : tu as un livre….. Du host a bukh.

Il ne nous reste  plus qu’à poser la première question. Vos hostu ? qu’est que tu as ?. Ce à quoi vous pourrez répondre selon votre choix grâce au vocabulaire que vous aurez acquis .

-Vos hostu ?  Ikh hob a bukh, Ikh hob a bruder, Ikh hob a blayfeder.

Voyons à présent la forme négative. Si vous ne possédez ou n’avez pas de livre, par exemple, vous utiliserez les deux particules nisht keyn, ce qui signifie, je n’ai pas, je n’ai aucun.  Petite remarque, la négation se dit nisht  ou nit. La langue écrite a retenu le nit.

Essayons de traduire :

-Qu’as-tu ? J’ai un livre.

-Et toi, tu as un livre ?

-Non, je n’ai pas de livre, mais j’ai un cahier et un crayon.

-Et tu as un frère ? non, je n’ai pas de frère, mais j’ai une sœur.

——————

-Vos hostu ? Ikh hob a bukh.

-Un Du, Du host (hostu) a bukh ?

-Neyn, Ikh hob nisht keyn bukh, ober (ikh hob) a heft un a blayfeder.

Un Du host (hostu)a bruder?

Neyn, Ikh hob nisht keyn bruder, ober (Ikh hob) a shvester

Récapitulons ce que nous avons vu :

  • Oui : yo, neyn : non
  • les deux premiers pronoms personnels : Ikh : je et Du : tu
  • Le verbe avoir à l’infinitif : hobn et les deux premières formes conjuguées : Ikh hob, Du host.
  • L’article indéfini ‘a’ : un ou une
  • Le vocabulaire suivant : a bukh : un livre, a heft : un cahier,a blayfeder : un crayon.
  • A bruder : un frère, a shvester : une sœur
  • La négative, pas de, aucun : nisht keyn ou nit keyn
  • Mais : ober
  • Bonjour : selon les accents : gut morgen ou git morgn–bonjour en retour : a gut yor ou a guit your.
  • Au revoir : zay gezunt

Voilà pour ce premier cours. Répétez les quelques mots et phrases que nous avons apprises  et nous enrichirons notre vocabulaire la semaine prochaine.

D’ici là, je vous souhaite : A gite vokh. une bonne semaine.

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