A gutn tog tayere tsuherers. Les voyages forment la jeunesse dit-on ? encore faut-il pouvoir arriver sans encombre à destination. Le texte qui suit nous l’indiquera.
Di gantse mishpokhe loyft oyfn peron fun der stantsie un zukht dem vagon numer 13
- Yankl : Gikher, gikher, in tsen minutn fort di ban !
- Rokhl : Di tsvey valizkes zenen shver tsu trogn!
- Yankl : Farvos nemstu azoy fil zakhn?
- Rokhl : Du farshteyst nit. Der veter iz nit vi frier
- Yankl : Viazoy
- Rokhl : Es ken zayn varem un es ken oykh zayn zeyer kalt .Dos iz di sibe farvos ikh nem kleyder far ale sezonen
Plutsem efnt zikh di valizke
- Yankl : azoy fil kleyder .Vos zeks por shikh tsen por zokn funf hemder
- Zog mir, du forst oyf a khasene ?
- Rokhl : neyn, ober on kleyder, fil ikh zikh nisht gut !
Di gantse mishpokhe loyft oyfn peron fun der stantsie un zukht dem wagon numer 13
Toute la famille court sur le quai de la gare et cherche le wagon numéro treize.
Toute la famille. Di gantse mishpokhe. L’adjectif gants signifie tout et s’accorde avec le mot famille : di mishpokhe.. au pluriel, di mishpokhes. Le yiddish est composé de mots de diverses origines dont l’hébreu également. On retrouvera ces mots pour tout ce qui concerne les traditions, les aspects religieux. Dans ce cas le pluriel de mishpokhe se dit mishpokhes; suivant la terminaison du pluriel hébraïque, mais yiddishisé. Un autre exemple ; le mariage, autre mot venant de l’hébreu, di khasene, se dira khasenes au pluriel ou simkhe : la joie devient simkhes au pluriel. Notre famille court donc sur le quai. Il s’agit du verbe loyfn à l’infinitif. Et le quai der peron. Di stansie , c’est la gare. Ils courent donc à la recherche de leur wagon numéro 13, draytsen.
Yankl, un peu paniqué annonce : Gikher gikher in tsen minutn fort di ban.
On peut indifféremment dire shnel ou gikh pour dire vite. Pour dire plus vite, on rajoutera er à la fin ; soit shneler ou gikher. Dans 10 minutes le train va partir.
Le train se dit di ban et partir, mais dans le sens de démarrer ; on utilise le verbe forn. En français, on utilise toujours le verbe aller que l’on soit à pied, en voiture , ou en avion . en yiddish, un verbe est utilisé par moyen de locomotion
Si je vais à pied , je dirai ikh gey, si je prends la voiture, ou la charrette dans l’ancien temps, je dirai ikh for et si je prends l’avion, je dirai ikh flig. donc , dans le cas du train il dit :di ban fort .
Autant il est plus facile de se dépêcher si l’on n’est pas chargé, autant Rokhl transpire parce qu’elle porte deux lourdes valises . le mot valise, se dit valizke. Si vous voulez montrer dès à présent que le yiddish n’a plus de secret pour vous, vous pouvez aussi dire tshemodan qui signifie aussi valise.
Shver tu trogn : mot à mot lourd porter. Shver signifie dur, difficile. oy s’iz shver oh que c’est dur
Yankl s’interroge et demande : Farvos nemstu azoy fil zakhn
Pourquoi prends tu tant de choses .Azoy fil signifie tant de . azoy tout seul peut avoir plusieurs sens. Tout simplement ah bon. Azoy. ?ou de cette façon : ikh zog azoy. Avec fil, il devient tant tellement : azoy fil mentshn haynt. Il y a tant de gens aujourd’hui. Si vous avez encore un doute, rappelez-vous la chanson de Régine .Azoy, la vie c’est comme ça, un jour tu t’en viens, l’autre tu t’en vas.
Rokhl , inspirée par le changement climatique lui rétorque : Du farshteyst nit. Der veter iz nit vi frier . tu ne comprends pas, le temps n’est plus comme avant.
Der veter. Il s’agit du temps, des prévisions météorologique, et non pas du temps qui passe qui comme nous l’avons vu précédemment se dit di tsayt.
Vi frier : comme avant mot à mot comme plus tôt avant .
Yankl demande : Viazoy ? nous retrouvons le mot azoy sous sa forme interrogative. Dans le sens de de quelle façon ? décidément on peut accommoder azoy à toutes les sauces .
Rokhl dit : Es ken zayn varem un es ken oykh zayn zeyer kalt , il peut faire chaud, varem, tout comme il peut faire très froid : kalt. exemples. Dos vaser iz kalt : l’eau est froide, ou dos waser iz varem : l’eau est chaude.
Dos iz di sibe farvos ikh nem kleyder far ale sezonen
C’est la raison pour laquelle je prends des vêtements pour toutes les saisons. Nous avions vu que farvos au début de phrase était un pronom interrogatif :
farvos : pourquoi. n milieu de phrase il devient pronom relatif avec le sens de pour laquelle. S’iz mir kalt : j’ai froid. S’iz di sibe farvos ikh trog a mantl. C’est la raison pour laquelle je porte un manteau.
mais voici que Plutsem efnt zikh di valizke, soudain, la valise s’ouvre. Le verbe efenen signifie ouvrir. Ikh efn di tir : j’ouvre la porte. avec zikh, nous l’avons vu la fois précédente le verbe devient réflexif. S’ouvrir et donc la valise s’ouvre.
Yankl est très étonné de voir autant de vêtements ! azoy fil kleyder. Kleyder sont les vêtements en général ,
zeks por shikh tsen por zokn funf hemder . six paires de chaussure, 10 paires de chaussettes, cinq chemises. Le mot por signifie une paire ou un couple de .
on peut dire a por mentshn : quelques personnes, a por : un couple, ou a por shikh des chaussures, parce qu’elles vont par deux. Une chaussure : der shukh deux chaussures : di shikh. L’occasion de nous rappeler le proverbe yiddish équivalent à : les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés, soit :ale shusters geyen borves : mot à mot ; les cordonniers marchent pieds nus .
Voyons à présent les chaussettes : di zokn ; les chaussettes. A cet effet, les habitants du 11 ème arrondissement rappelent toujours qu’ils habitaient rue des kalte zokn, la rue de Basfroy.
Yankl, surpris, demande :Zog mir du forst oyf a khasene. Zog mir: dis-moi; Nous n’avons pas encore abordé l’impératif, mais il est assez facile à conjuguer. dans cet exemple, zog vient du verbe zogn. On enlève tout simplement la terminaison n ou en et on obtient l’impératif singulier. Quelques exemples : avec les verbes : shlofn : dormir, zingen : chanter :trogn : porter
L’impératif sera : shlof, zing, trog. Pour l’impératif pluriel ou le vouvoiement, on ajoutera t à la fin : shloft, zingt, trogt ;
Yankl demande du forst oyf a khasene.tu vas à un mariage ; nous avons vu plus haut le mot mariage, qui se dit khasene. Le fiancé, étant le khosn et la fiancée, la kale .à qui l’on souhaite tout le bonheur par cette formule consacrée : khosn -kale mazel tov
Pour finir, Rokhl dit : neyn, ober on kleyder, fil ikh zikh nisht gut !
On kleyder, sans vêtement : lorsque l’on veut dire avec ; on ajout mit.Tey mit tsuker : du thé avec du sucre, quand on veut dire a l’inverse, sans, on dit-on, tey on tsuker et dans ce cas, sans vêtements, Rokhl fil zikh nit git, ne se sent pas bien. Le verbe filen signifie sentir, et zikh filn. Vous commencez à être habitués aux verbes réflexifs, se dit se sentir. Ici nisht gut ? elle ne se sent pas bien.
Les noms communs :
Di : Khasene : le mariage ; Di mishpokhe : la famille, der peron : le quai : di stantsie : la gare, der wagon : le wagon, der numer : le numéro ; Di minut : la minute, di minutn : les minutes, di ban : le train. Di zakh : la chose, di zakhn : les choses, les objets . di kleyder : les vêtements, dos vaser : l’eau, di valizke : la valise , di valizkes : les valises , di sibe : la raison ,di sibes : les raisons . di kleyder ; les vêtements , der sezon, la saison, di sezonen : les saisons ;a por un couple , der shukh, la chaussure, di shikh ; les chaussures ; der zok , di zokn : les chaussettes .der khosn : le fiancé, di kale : la fiancée.
Les adjectifs et adverbes:
Gikher, shnell : vite, gikher : plus vite, shver : dur : frier : plus tôt ; Viazoy : comment : ale : tous ; Gants : tout ; dans le sens : en entier. varem : chaud, kalt : froid, plutsem : soudain.
Les verbes :
Loyfn : courir, foren : aller, zikh filn : se sentir , zikh efenen : s’ouvrir
Après cette petite aventure sur le quai de la gare, je vous souhaite a gite vokh, une bonne semaine.
