Ephéméride | Johtje Vos [29 Décembre]

29 décembre 1909

Naissance de Johtje Vos, Juste parmi les Nations.

Tout commença une nuit de 1942 quand un couple juif sonna à la porte pour demander à être abrité juste pour cette nuit-là alors qu’ils fuyaient les Allemands. Peu de temps après, un autre ami leur demanda s’ils pouvaient garder pour lui une valise contenant des objets de valeur avant d’être envoyé dans un ghetto.

Les Vos furent surpris de découvrir que leur ami était juif. « Nous n’avions jamais parlé de Juifs », se rappelait Mme Vos. « Ils étaient tous simplement Hollandais, c’était tout. »

Plus tard, les Vos prirent en charge un petit garçon de 3 ans, Mark de Klijn, quand ses parents étaient menacés de déportation. L’information filtra dans la communauté juive, et d’autres fugitifs commencèrent à y chercher refuge. Bientôt, le sol fut couvert de matelas. À moins de chercher à fuir encore plus loin, les hôtes ne quittaient plus jamais la maison.
Sauf quand le téléphone sonnait deux fois, puis encore deux fois. M. Vos les conduisait alors dans un hangar attenant à l’arrière de la maison, à travers une trappe camouflée sous la réserve à charbon et dans un tunnel de 50 mètres de long à travers lequel ils rampaient avant de se glisser dans les bois.

« Chaque fois que la Gestapo venait, je répondais à leurs questions, en mentant, en mentant et en mentant. » racontait Johtje.

Johanna (elle préférait le surnom Johtje) Kuyper est née le 29 décembre 1909 à Amersfoort, aux Pays-Bas, deuxième des trois filles de Guillaume et Henriette Storm van Leeuwen Kuyper. Son père, officier de l’armée à la retraite, était le maire d’Amersfoort. Son grand-père Abraham Kuyper avait été premier ministre des Pays-Bas entre 1901 et 1905.

Jeune femme, Johanna Kuyper se rendit à Paris pour y travailler comme journaliste indépendante, « ce qui était une chose scandaleuse à l’époque », a-t-elle déclaré. Là, elle épousa un jeune artiste allemand, Heinrich Molenaar, qui détestait Hitler. Le couple quitta la France et emménagea dans la maison familiale de Laren, où naquirent leurs deux enfants. Le mariage se termina par un divorce.

En 1942, Johanna Kuyper et Aart Vos se marièrent. Ils eurent quatre fils. A leurs yeux, ils ont aussi une soeur, Moana Hilfman Brinkman.

Quand les Vos habitaient leur maison à Laren, ils proposèrent régulièrement aux parents de Moana Hilfman de se réfugier chez eux. Mais les Hilfmans refusèrent.
 » Nous sommes des Juifs. C’est notre destin » Mme Vos. « Je les ai suppliés de me laisser au moins emmener leur fille de 3 ans, Moana. » raconta Mme Vos. C’est seulement la nuit où la Gestapo vint les chercher que les Hilfmans remirent leur fille à un ami, qui la conduisit à la maison des Vos.

La maison où habitaient les Vos pendant la guerre, à Laren, était située au bord de la forêt. Aart Vos avait grandi à Laren et connaissait tous les ruisseaux et champs de la région. Cela lui permettait de conduire les Juifs à travers la forêt jusqu’à la maison la nuit et de retourner dans les bois quand les nazis arrivaient. Chaque fois qu’un raid allemand était imminent, un chef de police néerlandais sympathisant, ami des Vos, composait leur numéro de téléphone, laissait sonner deux fois, raccrochait, puis répétait le code.

En tout, 36 personnes furent sauvées par les Vos, et jusqu’à 14 personnes en même temps ont été cachées chez eux.

Les Vos réfutaient l’idée qu’ils avaient fait quelque chose d’extraordinaire. Interviewée pour le livre « “Rescuers: Portraits of Moral Courage in the Holocaust,”de Gay Block et Malka Drucker, Johtje déclara :

« Je veux dire tout de suite que les mots « Héros »et « Juste parmi les Gentils » sont terriblement déplacés. »

« Je ne me sens pas juste », dit Johtje Vos, qui, comme son mari, était membre de l’Eglise réformée néerlandaise, « et nous ne sommes certainement pas des héros, parce que nous ne nous sommes pas assis à table quand le malheur a commencé en disant: « OK, maintenant nous allons risquer nos vies pour sauver des gens. »