14 janvier 1943
Début de la conférence de Casablanca au cours de laquelle Roosevelt, Churchill et d’autres dirigeants décident de la suite des opérations alliées en Europe.
Une telle nouvelle ne pouvait que donner le moral aux Juifs du monde entier qui pouvaient commencer à entrevoir la fin de la guerre et du cauchemar pour les Juifs d’Europe.
Cependant Roosevelt prit sur lui de négocier en privé avec le gouverneur de Vichy au Maroc, Auguste Nogues, puis avec le général Giraud.
FDR, qui parlait couramment le français, suggéra aux deux que les quotas de Juifs dans les professions libérales soient basés sur leur pourcentage dans la population (300 000 sur plus de 13 millions), ce qui n’aurait pas rouvert de nombreux emplois fermés par Vichy .
Il fit valoir que « son plan éliminerait les plaintes compréhensibles que les Allemands portaient contre les Juifs, à savoir que, alors qu’ils représentaient une petite partie de la population, plus de 50% des avocats, médecins, enseignants, professeurs, etc. en Allemagne étaient des Juifs. »
Cette affirmation étonnante montre à quel point Roosevelt avait accepté la propagande nazie sur les Juifs allemands. Comme le souligne l’historien Frank Freidel, biographe de Roosevelt, alors que les Juifs représentaient entre 1 et 2% de la population allemande avant la guerre, ils ne représentaient pas plus de 2,3% des professions libérales. Tout au plus, 16,3% des avocats étaient juifs.
Lais l’idée des quotas pour les Juifs n’était pas nouvelle dans l’esprit de Roosevelt. Ainsi le même Freidel, dont la biographie de FDR lui est extrêmement favorable, signale néanmoins son passage comme membre du Conseil de surveillance de Harvard, son organe directeur.
En 1927, l’université s’était prononcée contre les quotas, préférant admettre simplement les candidats les plus brillants. À sa grande surprise, il fut constaté que 42% des candidats admis étaient des Juifs.
Harvard, avec l’approbation de Roosevelt, décida finalement d’un quota de 15% pour les Juifs (plus généreux que dans les autres écoles de l’Ivy League).
FDR défendit toujours cette décision et il pensait clairement que c’était une réponse appropriée au dilemme de Vichy.
