Pour Hanoucah je vous propose un plat de mon enfance et qui vient de loin les Faworki en Polonais. Comme je ne me rappelais plus du nom en Yiddish j’avais lancé un appel sur Y P T et les réponses sont venues :
Barbara Kotalska : Faworki ou Chrust c’est l’équivalent des bugnes lyonnaises. Mais la pâte est moins épaisse, et les beignets plus friables, moins « patapouf ». On bat la pâte pour quelle devienne élastique, on étale, on étire, on découpe, on frit. Chrust=brindilles, petit bois, pour allumer le feu

Nicole Nessim : Chez nous on appelait ca faworkess et nous les enfants a l’époque on les appelait chef d’orchestre pour rigoler!!!☺
Ce plat existait déjà sous la Rome ancienne et il est connu partout en Europe
Ce matin quand j’ai commencé à mettre ma recette sur le papier je suis tombé sur un texte que j’ai du écrire il y a plus de 10 ans :
« Hier à la fin du service les clients étaient partis et je buvais un café avec le personnel, le téléphone sonne et j’entends une voix qui me dit :
Bonjour Monsieur ici Madame Zilberberg est ce que vous auriez l’adresse de l’ancien boulanger de la rue des Rosiers Monsieur Pèrelmann. Je lui dis non mais pourquoi cherchez-vous l’adresse de Monsieur Pèrelmann. C’est parce que je suis à la recherche d’un plat de mon enfance vous savez des petits morceaux de pâte qu’on enfile et qu’on fait frire à la poêle ou dans une bassine de friture. Je lui réponds je connais, même un jour une amie espagnole m’en a amené pour Noël et ça s’appelle des oublies en Français mais je ne me rappelle plus du nom ni en Yiddish ni en Espagnol et puis je me torture un peu le cervelet et tout à coup le nom me reviens et je lui dis : mais c’est des FAVORKESS !
Et je lui promets de lui envoyer la recette des FAVORKESS.

En faisant une petite recherche sur internet j’ai trouvé prés d’une vingtaine de noms pour ces FAVORKESS : oreillettes, merveilles, roussettes, bugnes, crottes d’âne, culs renversés, fantaisies, nœuds d’amour, panisses etc…pour ne citer que les plus courants ce qui montre bien la popularité de cette friandise. »
Bon je vous sens impatients et je vous donne la recette. Enfin UNE recette car elles sont multiples en raison de leur popularité. Mais avant tout les Oublies ne sont faites ni avec de la pâte levée à la levure de boulanger ni avec de la levure minérale dite chimique. Mais si vous connaissez une recette à la levure ce ne sont plus de oublies mais des beignets qu’on appelle PONCHKISS en Yiddish ou SOUVGANIOT en Hébreu, d’ailleurs le mot « bugne » en Lyonnais vient du mot Beignet.

Ingrédients :
– 2 tasses de farine (200 g)
– 2 œufs entiers
– 2 cuillers à soupe d’huile
– 1 sachet de sucre vanillé
– Un petit verre à vodka d’alcool (ce que vous avez sous la main, moi j’ai pris du curaçao)
– Du sucre glace
– Ustensile : une petite passoire pour le sucre glace
Préparation :
– Dans un bol disposez la farine en fontaine
– Cassez les deux œufs, ajoutez les deux cuillers d’huile, le sucre vanillé et le verre d’alcool.
– Bien pétrir la pâte pour la rendre souple et élastique. Les ménagères Polonaises la frappent avec le rouleau à pâtisserie. La pâte doit être bien ferme mais souple. Ajoutez éventuellement quelques goutes d’eau ou un peu de farine.
– Mettre la pâte en boule, la couvrir d’un torchon humide et la laissez reposer au moins 2 heures.
– Abaissez la pâte à 2 mm et découper des losanges de 8 sur 5 cm. Vous faites une fente dans la pâte et vous passez la pointe du losange dans la fente : vous avez votre chef d’orchestre.
– Au dernier moment quand vous arrivez au dessert : dans une poêle vous mettez une bonne quantité d’huile à frire, sur une épaisseur de +- 8 mm.
– Chauffer l’huile mais sans excès. Les favorkess sont très minces et cuisent très vite.
– Avec deux fourchettes enlevez les favorkess dés qu’elles sont brunies des deux côtés et épongez sur du papier des deux côtés.
– Avec la passoire faites tomber du sucre glace sur les favorkess. Vous recouvrez d’un papier cuisine et vous faites les tournées suivantes.
Il faut les déguster quand elles sont chaudes ou tièdes et on ne peut pas les réchauffer !
C’est dommage !

