4 septembre 1870. Naissance de Peysekh Kaplan, le journaliste qui écrivit jusqu’aux portes de la mort

Lorsque les Allemands lancèrent, le 5 février 1943, une vaste opération de déportation dans le ghetto de Białystok, Peysekh Kaplan se réfugia avec d’autres Juifs dans une cache si étroite et si mal aérée qu’il y suffoquait presque. Une nuit, il sortit quelques instants pour respirer. Il prit froid et tomba malade.

Il trouva ensuite refuge dans une usine textile où travaillait sa fille aînée. Fiévreux, il quittait pourtant son lit pour regarder par la fenêtre les rues du ghetto. Il vit les Allemands et leurs auxiliaires arracher les habitants à leurs cachettes, abattre ceux qui ne pouvaient plus marcher et conduire des milliers de personnes vers les trains. À ses proches, il aurait confié qu’il ne survivrait pas à ce spectacle.

Kaplan mourut quelques semaines plus tard, probablement en mars 1943. Les autorités allemandes interdirent qu’un discours fût prononcé lors de ses funérailles, mais une foule considérable accompagna son corps au cimetière du ghetto.

Białystok ne perdait pas seulement un homme âgé et respecté. Elle perdait celui qui, pendant plusieurs décennies, avait raconté quotidiennement sa vie juive : son école, ses œuvres de secours, ses débats politiques, ses spectacles, ses livres, ses querelles et ses chansons. Jusqu’au cœur du ghetto, il avait continué à écrire.

De Stawiski à Białystok

Peysekh Kaplan naquit le 4 septembre 1870 à Stawiski, dans la région de Łomża, alors incluse dans l’Empire russe. Fils de chantre, il reçut une éducation juive traditionnelle au kheyder puis dans plusieurs yeshivas. En 1883, il rejoignit son père à Horodyszcze et, cinq ans plus tard, s’installa à Białystok. Il avait dix-huit ans.

La ville connaissait alors une croissance spectaculaire. L’industrie textile attirait des ouvriers, des artisans et des commerçants venus de toute la région. À la fin du XIXe siècle, les Juifs formaient la majorité de sa population. Ils étaient fabricants ou prolétaires, religieux ou libres penseurs, hassidim, sionistes, socialistes, bundistes ou partisans de l’autonomie culturelle. Une presse hébraïque puis yiddish, des écoles, des bibliothèques, des sociétés musicales et des troupes de théâtre accompagnaient cette effervescence.

Kaplan commença par enseigner. En 1897, il obtint son diplôme à l’issue d’une formation pédagogique à Grodno et ouvrit en 1900 une école à Białystok. L’éducation resterait au centre de son activité, même lorsqu’il se consacrerait entièrement au journalisme. Pour lui, un journal, une chorale, une traduction ou un recueil de chants remplissaient une fonction comparable à celle de l’école : ils devaient former un public juif capable d’entrer dans la modernité sans perdre sa culture.

De l’hébreu au yiddish

Le futur directeur d’un grand quotidien yiddish commença paradoxalement par mépriser cette langue. Comme nombre de partisans de la Haskalah et du premier sionisme, il jugeait le yiddish inférieur à l’hébreu. Il employa même à son propos l’expression hébraïque safa bezouya, « langue méprisée ».

Ses débuts littéraires se firent donc en hébreu. En 1889, il publia dans Hamelits, l’un des principaux journaux hébraïques de l’Empire russe. Il écrivit ensuite pour plusieurs autres périodiques de cette langue. Son premier engagement politique fut sioniste, et il consacra en 1911 ou 1912 une brochure à la Bibliothèque nationale juive de Jérusalem.

Mais le contact avec le lectorat populaire modifia progressivement son jugement. À partir de 1904, il collabora aux journaux yiddish Der Tog et Fraynd de Saint-Pétersbourg. Vers 1914, le basculement était accompli : le yiddish devint la langue principale de son activité journalistique.

Cette conversion linguistique est peut-être l’aspect le plus révélateur de son itinéraire. Kaplan n’avait pas découvert une langue inconnue ; il avait grandi en l’entendant. Il découvrait plutôt qu’elle pouvait porter l’enseignement, la littérature, la critique musicale et la discussion politique. La langue qu’il avait d’abord considérée comme un obstacle à l’élévation culturelle devint son principal instrument pour agir sur la société.

Il ne renonça pas pour autant à l’hébreu. Toute sa vie, il écrivit et traduisit dans les deux langues. Son œuvre appartient à ce monde juif bilingue où le développement du yiddish moderne et le renouveau de l’hébreu pouvaient être rivaux, mais aussi s’enrichir mutuellement.

Un itinéraire à travers les idéologies juives

Les engagements politiques de Kaplan évoluèrent comme son rapport aux langues. D’abord sioniste, il se rapprocha ensuite du territorialisme défendu par Israel Zangwill. Après le refus britannique d’un établissement juif en Afrique orientale, les territorialistes cherchaient ailleurs dans le monde un territoire susceptible d’accueillir les Juifs persécutés, sans faire de la Palestine l’unique solution.

Kaplan traduisit en yiddish un texte de Zangwill, Der teritoryalizm un zayne gegner — « Le territorialisme et ses adversaires ». Puis, en 1918, il rejoignit le Folkspartey, le Parti populaire fondé autour des idées de l’historien Simon Doubnov.

Les folkistes demandaient pour les Juifs d’Europe orientale des droits civiques, mais aussi une autonomie nationale et culturelle dans les pays où ils vivaient. Ils considéraient les communautés, les écoles, la presse et les institutions culturelles comme les bases d’une existence nationale juive dans la diaspora. Ce programme correspondait désormais à ce que Kaplan accomplissait concrètement à Białystok.

Il fut élu au conseil de la communauté juive de la ville. Mais son influence véritable ne reposait pas sur une fonction politique. Elle venait de sa présence quotidienne dans l’école, les associations et surtout la presse.

Le journal comme institution de la ville

Kaplan dirigea plusieurs publications successives. Il fut notamment à la tête du Byalistoker vort, d’abord hebdomadaire puis quotidien. En 1919, il fonda Dos naye lebn, « La Vie nouvelle », qui devint ensuite Unzer lebn, « Notre vie ».

Pendant près de vingt ans, ce journal fut l’un des centres de la vie juive de Białystok. Kaplan y écrivait presque chaque jour. Il rédigeait l’éditorial, mais aussi des chroniques, des récits, des critiques théâtrales ou cinématographiques et des comptes rendus de livres. Pour alimenter les différentes rubriques sans donner l’impression qu’un seul homme remplissait le journal, il employait de nombreux pseudonymes : P. K., Khonen, M. Fuksman, Z. Goldshteyn, Yedidye et plusieurs autres.

Un ancien collaborateur se souvenait que Kaplan travaillait dans une pièce séparée de la rédaction. Lorsqu’un léger fredonnement s’élevait derrière la porte, les journalistes savaient que l’éditorial était terminé et qu’ils pouvaient entrer. L’anecdote réunit les deux grandes passions de sa vie : écrire et chanter.

Le journal ne se limitait pas aux affaires communautaires. Il informait ses lecteurs de la situation politique polonaise, des événements internationaux, des mouvements ouvriers, de la vie en Palestine et des débats traversant le monde juif. Il parlait aussi de littérature, de sciences, d’hygiène, de pédagogie et des nouveautés du cinéma. Comme beaucoup de journaux yiddish de l’époque, il était à la fois une source d’information, une tribune politique, un lieu d’éducation populaire et un espace littéraire.

Kaplan forma autour de lui de jeunes collaborateurs. Sous sa direction, ils apprenaient non seulement à écrire correctement en yiddish, mais aussi à distinguer le fait du commentaire et à adapter leur langue à des lecteurs de niveaux très différents. Il dirigea également le Byalistoker almanakh en 1931 et participa en 1935 à la rédaction d’un lexique biographique consacré aux personnalités de la ville.

À travers ces ouvrages, il commençait déjà à constituer les archives de Białystok avant même que la destruction ne donne à cette tâche une urgence tragique.

Faire entrer le monde dans la culture yiddish

L’activité de Kaplan comme traducteur fut considérable. Il adapta en yiddish des œuvres russes, allemandes, anglaises et hébraïques. Il traduisit des fables de Krylov, un roman de Vladimir Korolenko, Die Armen de Heinrich Mann, des contes pour enfants de Rudyard Kipling et des textes choisis de Maïmonide.

Il traduisit également des pièces, des opéras et des opérettes destinés aux scènes yiddish. Cavalleria rusticana de Pietro Mascagni devint Di dorfishe ere, « L’honneur villageois », et Pagliacci de Leoncavallo, Di payatsn, « Les clowns ».

Cette activité ne relevait pas d’une simple volonté de vulgarisation. Kaplan cherchait à démontrer que le yiddish pouvait accueillir tous les registres de la culture : la pensée médiévale de Maïmonide, la satire russe, le roman social allemand, le conte anglais et l’opéra italien. Traduire revenait à élargir le territoire intellectuel de la langue.

Il écrivait également pour les enfants. Son recueil Yapanishe mayselekh, « Petits contes japonais », publié à Białystok en 1921, témoigne de cette curiosité pour des univers très éloignés de l’Europe orientale. Aux yeux de Kaplan, former un enfant juif ne signifiait pas l’enfermer dans un monde exclusivement juif, mais lui donner accès au monde par l’intermédiaire de sa propre langue.

Une ville qui chante

Fils de chantre, Kaplan avait étudié la musique et dirigea pendant de nombreuses années une chorale. Il publia des recueils de chants en hébreu et en yiddish, destinés aux écoles, aux familles et aux sociétés chorales.

Son Lider-bukh, paru à Varsovie en 1912 puis réédité en 1914, réunissait des chants pour chœur et voix seule. On y trouvait des textes associés à Mendelssohn, Schubert, Schumann et à d’autres compositeurs européens, ainsi que sept créations originales. En 1924, Kaplan publia Gezang-oytser far shul un heym, « Trésor de chants pour l’école et le foyer », comprenant plus d’une centaine de chansons yiddish avec leur notation musicale.

Il avait composé une partie de ces chants lorsqu’il dirigeait, en 1914 et 1915, un foyer pour enfants. La musique n’était donc pas pour lui un simple divertissement. Elle appartenait à la pédagogie et à la construction d’une culture collective moderne.

Kaplan traduisit aussi en hébreu des chansons yiddish populaires, notamment Oyfn pripetshik de Mark Warshawsky. Ce passage d’une langue juive à l’autre illustre à nouveau son refus de choisir définitivement entre deux héritages qu’il avait longtemps opposés.

Entre deux occupations

En septembre 1939, l’armée allemande entra d’abord à Białystok, avant de remettre la ville à l’Union soviétique conformément aux clauses secrètes du pacte germano-soviétique. L’administration soviétique supprima les institutions politiques et culturelles indépendantes. La presse libre cessa de paraître ; le journal de Kaplan disparut.

Pour un homme qui avait consacré sa vie à l’autonomie culturelle juive, le régime soviétique représentait l’abolition de l’espace public qu’il avait contribué à bâtir. Les organisations sionistes, folkistes et bundistes furent interdites. Les écoles et associations passèrent sous le contrôle de l’État.

La situation devint incomparablement plus terrible après l’offensive allemande contre l’Union soviétique, en juin 1941. Le 27 juin, des membres du bataillon de police 309 massacrèrent des Juifs dans les rues et enfermèrent plusieurs centaines de personnes dans la Grande Synagogue, à laquelle ils mirent le feu. Des milliers de Juifs furent assassinés à Białystok au cours des premières semaines de l’occupation.

À partir de la fin juillet, les Allemands enfermèrent environ 50000 Juifs de la ville et des environs dans un ghetto surpeuplé. Le travail forcé, principalement dans les usines textiles, fut présenté par le président du Judenrat, Efraim Barasz, comme le seul moyen de retarder la destruction : tant que la production juive resterait utile à l’économie de guerre allemande, espérait-il, la population pourrait être maintenue en vie.

Kaplan au sein du Judenrat

Âgé de plus de soixante-dix ans, Kaplan entra au Judenrat. Cette appartenance doit être replacée dans son contexte. Les conseils juifs, créés sur ordre allemand, étaient contraints d’exécuter les exigences de l’occupant : recensements, réquisitions, travail forcé et, finalement, participation à la préparation des déportations. Leurs membres évoluaient dans un espace où aucune décision n’était libre et où toute tentative de sauver certains habitants pouvait conduire à en sacrifier d’autres.

Kaplan fut chargé des affaires culturelles et éducatives. Malgré la faim, les épidémies et les violences, des cours, des bibliothèques, des concerts et des manifestations littéraires continuèrent d’exister clandestinement ou sous la surveillance du Judenrat. Ces activités n’offraient évidemment aucune protection contre les déportations. Elles permettaient cependant aux habitants de ne pas se laisser réduire entièrement au statut de main-d’œuvre captive.

Kaplan rédigea aussi un rapport sur le fonctionnement du Judenrat de Białystok. Une copie, datée du 4 février 1943 — la veille de la grande opération allemande — est signalée dans les archives de Yad Vashem. Il écrivit également sur les expulsions et tint un journal de la vie dans le ghetto.

Une partie de ces documents fut retrouvée après la guerre et publiée dans la presse des survivants originaires de Białystok. Mais le journal de Kaplan ne nous est pas parvenu sous la forme complète et continue que l’on connaît pour Emanuel Ringelblum, Chaim Kaplan à Varsovie — sans lien de parenté avec lui — ou Yitskhok Rudashevski à Vilna. Il faut donc se garder de lui attribuer des phrases dont la transmission n’est pas établie.

Ce qui subsiste suffit néanmoins à montrer qu’il avait compris la valeur future de son témoignage. Après avoir passé sa vie à enregistrer les activités d’une communauté vivante, il documentait désormais le mécanisme de sa destruction.

« Rivkele di shabesdike »

Dans le ghetto, Kaplan écrivit plusieurs poèmes. Le plus connu est Rivkele di shabesdike, רבֿקהלע די שבתדיקע.

Le titre est difficile à rendre exactement en français. Di shabesdike désigne littéralement « celle du shabbat ». Dans le contexte du poème, Rivkele est une « veuve du shabbat » : une femme dont le mari a disparu ou a été assassiné lors d’une opération allemande menée un samedi.

Les sources postérieures ne s’accordent pas sur l’événement précis ayant inspiré le texte. Certaines le rattachent aux massacres de 1941, d’autres à une opération de 1942 dont la date et le bilan sont reproduits de manière contradictoire. Il est donc plus prudent de ne pas associer la chanson à une action particulière sans disposer du manuscrit daté.

Le poème donne la parole à une femme qui ignore encore le sort de son mari. Peut-être vit-il quelque part ; peut-être travaille-t-il dans un camp ; peut-être reviendra-t-il. L’attente préserve une lueur d’espoir tout en laissant deviner ce que le lecteur sait déjà.

Kaplan ne décrit pas directement une exécution. Il montre l’absence : la place vide dans le foyer, la femme devenue veuve sans avoir vu le corps, l’enfant qui continue d’attendre son père. La catastrophe collective prend ainsi le visage d’une famille.

La mélodie aujourd’hui associée au texte est d’auteur inconnu. Recueilli après la guerre, Rivkele di shabesdike fut publié dans plusieurs anthologies de chants des ghettos et des camps, notamment celle de Shmerke Kaczerginski en 1948. Il entra ensuite au répertoire de chanteuses yiddish, parmi lesquelles Talila et Chava Alberstein.

La chanson accomplit ce que Kaplan avait recherché toute sa vie : unir la parole, la musique et la mémoire collective. Mais le chant scolaire destiné à former les enfants était devenu la complainte d’un monde dont les enfants étaient promis à la déportation.

Les derniers jours

L’opération allemande du 5 au 12 février 1943 fit environ deux mille morts dans le ghetto ; près de dix mille autres personnes furent déportées, principalement vers Treblinka et Auschwitz. Une première résistance armée éclata. Le ghetto ne fut pas encore entièrement liquidé, mais plus personne ne pouvait sérieusement ignorer la destination des convois.

C’est durant ces journées que Kaplan tomba malade. Le récit le plus détaillé de sa mort provient d’une lettre de Refoel Rayzner publiée en 1946 dans la Bialystoker Stimme de New York, puis reprise dans le livre du souvenir de la ville. Il s’agit donc d’un témoignage postérieur, non d’un document médical ou administratif contemporain.

Selon Rayzner, Kaplan, bouleversé par ce qu’il avait vu depuis les fenêtres de l’usine, déclara à ses amis qu’il ne survivrait pas. Son état sembla d’abord s’améliorer, puis s’aggrava. Il mourut peu après en maudissant l’Allemagne hitlérienne.

La date exacte n’est pas connue. Certaines notices indiquent mars 1943 ; les sources les plus prudentes donnent seulement l’année. Il ne fut donc pas témoin de l’insurrection finale du ghetto, déclenchée le 16 août 1943 lorsque les Allemands commencèrent sa liquidation totale.

Ses funérailles auraient rassemblé plusieurs milliers de personnes. Les SS empêchèrent les orateurs de prononcer les éloges prévus. Ce silence imposé constituait une dernière tentative pour priver Kaplan de ce qui avait défini toute son existence : la parole publique.

Une œuvre dispersée, une voix retrouvée

Une grande partie des écrits de Peysekh Kaplan demeure enfouie dans les journaux yiddish et hébraïques. Ses livres sont rarement traduits. Son journal du ghetto n’a pas fait l’objet d’une édition critique complète facilement accessible. Il reste donc beaucoup à rechercher pour reconstituer avec précision son œuvre et son action au sein du Judenrat.

Il mérite pourtant de sortir de l’oubli. Son itinéraire raconte une transformation majeure de la culture juive moderne : le passage d’une Haskalah méfiante envers le yiddish à la construction d’une société littéraire, éducative et politique dans cette langue. Kaplan avait d’abord voulu conduire ses lecteurs hors du yiddish ; il comprit finalement que l’on pouvait ouvrir le monde à l’intérieur du yiddish.

Il fut tour à tour enseignant, sioniste, territorialiste, folkiste, conseiller communautaire, journaliste, traducteur et musicien. Ces changements ne relèvent pas seulement de l’inconstance. Ils montrent un homme cherchant, à travers les bouleversements de son époque, les moyens de garantir une existence collective aux Juifs d’Europe orientale.

Son journal disparut avec la ville qui le faisait vivre. Ses derniers écrits ne nous sont parvenus que par fragments. Mais Rivkele di shabesdike continue d’être chanté. La voix de Kaplan survit ainsi sous la forme qui lui convenait peut-être le mieux : non comme un monument figé, mais comme des mots repris par d’autres voix.

Né le 4 septembre 1870, il avait consacré plus d’un demi-siècle à faire parler, lire et chanter Białystok. Dans le ghetto, alors que l’espace de la ville juive se réduisait chaque jour, il continua à accomplir le même travail. Écrire était devenu une manière de laisser derrière lui un témoin.